Programmatique

Shopping Actions : la nouvelle offre de Google pour aider les e-commerçants

La recherche vocale et l’e-commerce, deux univers en fort mouvement

Vocal, local. Deux mots qui riment de plus en plus avec « normal », et que Google présente depuis plusieurs mois comme les nouvelles grandes tendances de recherche des internautes.

Avec l’avènement des assistants personnels (d’après Play Store, il y aurait entre 5 et 10 millions d’installations de Google Assistant), des enceintes intelligentes (10 millions de Google Home vendues depuis son lancement), la voix devient un usage de plus en plus ancré dans les habitudes des consommateurs.

Si Google reste un géant de la recherche, sa volonté de se diversifier et de préempter l’e-commerce n’est pas nouvelle. En éditant déjà Google Shopping, son comparateur de prix, et Google Express, sa marketplace, Google dispose de solides acquis en la matière. Le poids grandissant d’Amazon sur le secteur de l’e-commerce, confirmé avec l’accord signé avec Monoprix, et avec le lancement imminent de magasins sans caisses : Amazon Go, il invite Mountain View à reconsidérer son approche de l’achat en ligne pour augmenter ses parts de marché.

C’est dans ce contexte que Google a récemment annoncé une nouvelle solution destinée à simplifier l’expérience d’achat, sans pour autant ressembler à une désintermédiation : Shopping Actions.

 

Shopping Actions : quel fonctionnement ?

Google compte capitaliser sur les requêtes croissantes de type « où acheter tel produit ? », requête interrogative de plus en plus courante sur les recherches vocales, afin de proposer directement les offres des annonceurs partenaires via son moteur de recherche, son assistant ou ses enceintes Google Home.

Les offres affichées par Google sont en réalité celles de Google Express, la marketplace Google agrégeant la data des campagnes Shopping d’annonceurs partenaires.

Pour accéder à ces offres, deux possibilités :

  • Un accès direct à la plateforme Google Express.
  • Un accès depuis un lien payant dans le cadre de Shopping Actions. La visite s’effectuera après un clic sur une annonce Shopping d’un annonceur partenaire. Au lieu d’être redirigé vers le site de l’annonceur, l’internaute sera redirigé vers Google Express.

Les assistants interviennent donc sur mobile via des recherches vocales, et les enceintes intelligentes proposeront, de leur côté, des offres en fonction des requêtes des internautes.

Une fois l’offre sélectionnée, l’internaute peut réaliser directement son achat sur le device utilisé et se faire livrer rapidement. Avec un tel procédé, l’expérience d’achat est raccourcie au maximum, et l’internaute peut réaliser ses achats en quelques commandes vocales ou écrites.

 

Source : https://adwords.googleblog.com/2018/03/shopping-actions.html

La marche à suivre pour être présent sur le format Google Express est relativement simple. Les prérequis sont les suivants : « Postuler » via un formulaire et disposer de campagnes Shopping. Ces dernières sont utilisées pour envoyer les informations à l’API Google Express et afficher les produits disponibles avec leurs informations.

Les avantages annoncés par Google sont multiples :

  • Plus de visibilité pour les produits de l’annonceur, ce qui est d’autant plus vrai au lancement lorsque les annonceurs sont encore peu nombreux.
  • Simplification de l’achat, car les internautes peuvent acheter depuis Google Express des produits de différents annonceurs, en ne payant qu’une fois les frais de port.
  • Un meilleur engagement avec la marque. Google annonce des paniers moyens en hausse via cette solution.

Shopping Actions représente une version plus élaborée de Google Express dans la mesure où il permet à l’annonceur de pousser ses offres soit sur l’assistant, soit sur les enceintes Google Home. Google perçoit une rémunération, indexée sur les ventes réalisées, qui consiste en un pourcentage du chiffre d’affaires négocié annonceur par annonceur.

A date, aucune information n’est à disposition sur le pilotage de Shopping Actions : comment sera-t-il visible dans Adwords ? Quel système d’enchères (potentiellement basé sur la part de rétribution accordée à Google) permettra de départager les annonceurs pouvant répondre à un même besoin d’un internaute.

 

Quelles limites ?

Les KPIs clés du commerce de détail restent les indétrônables ROI et marge commerciale. Un tel modèle basé au coût par vente, même indexé sur le chiffre d’affaires généré, peut s’avérer compliqué à piloter sur des produits à faible marge, qui peuvent parfois être les best sellers des annonceurs.

Si l’avènement de la recherche vocale est avéré, le Shopping par son biais est encore une pratique peu médiatisée. Il reste à vérifier que les internautes seront suffisamment confiants pour acheter des produits onéreux via la recherche vocale, ce qui permettrait de trouver l’équilibre entre le confort de l’internaute et la rentabilité de l’annonceur.

 

Quel avenir pour la sphère Google ?

Les multiples solutions développées par Google ressemblent de plus en plus à un puzzle dont les pièces commencent à s’assembler. Shopping Actions résulte du croisement entre Google Express, les assistants, et les avancées sur la recherche vocale, ce qui présume donc que le produit s’appuie sur les informations éditables dans le Manufacturer Center. Un autre croisement est possible avec la réalité virtuelle via Daydream View, qui permet de visualiser les produits que l’on souhaite acheter, qui semble   relever de moins en moins de la science-fiction, ce qui, par conséquent, apportera davantage de réalité à la recherche en ligne,