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Étude SEO : Comment « Site Diversity » a impacté les résultats de recherche en France ?

Le mois de juin s’est avéré bien mouvementé dans l’industrie du SEO. La communauté venait juste de faire face aux anomalies d’indexation de Google, quand le moteur de recherche a communiqué de nouvelles mises à jour importantes de son algorithme.

Les mises à jour représentent des moments de vie fréquents dans le fonctionnement de tout moteur de recherche. Les équipes de Google ont récemment partagé que 3 234 améliorations avaient été apportées dans le mécanisme de recherche en 2018, soit environ 9 par jour.

La plupart des mises à jour sont très ponctuelles et passent souvent inaperçues. Mais, il existe aussi celles qui sont censées influencer l’ensemble de l’écosystème du Search. Ces mises à jour sont généralement annoncées par le moteur de recherche, le plus souvent après la mise en ligne.

En juin, Google a annoncé deux mises à jour d’importance sous les noms de « June 2019 Core Update » et « Site Diversity Update ». Dans cet article, nous allons nous intéresser à cette dernière pour évaluer comment elle a influencé les résultats de recherche organiques en France. C’est parti !


Qu’est-ce que « Site Diversity Update » ?

Dans le tweet du 6 juin, l’équipe de communication de Google a annoncé une nouvelle mise à jour visant cette fois-ci à améliorer la diversité des résultats de recherche :

 

 
 
 
 
 
 
 
 

Qu’est-ce qu’on apprend depuis le communiqué officiel ?

  • La mise à jour a été déployée entre le 4 et le 6 juin 2019.
  • Elle vise à limiter le nombre de résultats pour un même site, notamment l’internaute ne doit plus voir plus de 2 pages provenant d’un même site.
  • Google se laisse le droit d’afficher plus de 2 résultats s’il le trouve pertinent.
  • La restriction sera appliquée aux requêtes hors-marque.
  • La notion du « site » comprend le domaine ainsi que tous ses sous-domaines.
  • Quelques fois, les sous-domaines peuvent être traités comme les sites distincts (apparemment, il s’agit des blogs sur les plateformes comme Blogspot, ou bien des sites créés avec les constructeurs comme Wix et disponibles sur les sous-domaines *.wix.com).
  • La mise à jour s’applique uniquement aux résultats organiques classiques et ne touche pas la recherche universelle (Local pack, People Also Ask, Google Actualités etc.).
  • La mise à jour n’est pas liée à « June 2019 Core Update » dont le déploiement tombe sur la même période.

 

Juste après le communiqué, les webmasters de tous les coins du monde se sont mis à envoyer des tonnes de contre-exemples avec les résultats de recherche contenant des multiples affichages du même site.

Et donc logiquement nombreux étaient ceux qui doutaient que la mise à jour avait réellement été mise en ligne ou bien qu’elle n’avait pas encore été déployée dans leur pays.

 

Objectifs de l’étude :

  1. Tout d’abord comprendre si la mise à jour « Site Diversity » a été déployée, et notamment en France.
  2. Évaluer son impact sur les résultats de recherche organiques (SEO).
  3. Et de manière plus globale, évaluer les cas de présence des domaines avec plusieurs pages positionnées sur le même mot-clé hors-marque.

 

Méthodologie

Nous avons utilisé un échantillon de 100 000 mots-clés hors-marque faisant partie de notre base de mots-clés suivis pour nos clients. Tous les mots-clés sont en français et appartiennent à environ 20 secteurs d’activité différents.

Pour chaque mot-clé, nous avons récupéré les résultats de recherche de Google datant d’une semaine avant la mise à jour et d’une semaine après. Comme la mise à jour ne visait que les TOP résultats, nous n’avons gardé que les résultats en 1ère page de Google.

Ensuite, nous avons procédé aux comparaisons de différents indicateurs que la mise à jour aurait pu influencer (à chaque fois nous avons comparé exactement les mêmes listes de mots-clés avant et après la mise à jour « Site Diversity »).

 

Résultats

Nombre de domaines uniques en 1ère page de Google

Si la mise à jour visait à limiter la présence des résultats émanant d’un même site, il serait logique que les résultats de recherches contiennent dorénavant plus de domaines variés.

Pour évaluer l’impact de ce changement, nous avons compté, pour chaque mot-clé, le nombre de domaines distincts sur la 1ère page de Google (les sous-domaines étaient associés aux domaines).

Sur la base des mots-clés étudiés, on a pu constater que la mise à jour n’avait pas exercé d’impact important sur les résultats de recherche. Voire dans sa globalité puisque la plupart des positions sont restés quasiment inchangées.

 

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Comment lire le graphique :

  • 10 veut dire que tous les résultats de recherche sur tous les mots-clés sont composés des domaines différents.
  • 9 signifie qu’il y a 1 domaine qu’on trouve 2 fois sur la 1ère page de Google etc.

Comme on l’a vu dans notre étude du taux de clics, les différences se cachent souvent dans les détails.

Voyons comment le nombre de domaines uniques évolue à travers différents secteurs d’activité :

 

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  • La majorité des catégories voient une légère augmentation de la diversité des domaines positionnés. Mais rien de spectaculaire pour parler « d’une vraie mise à jour ».
  • Les plus faibles valeurs de diversité des résultats ont été identifiés dans les catégories de l’univers d’e-commerce, de la recherche d’emploi et des services de traduction.

 

Présence de sites avec >2 pages positionnées sur la même requête

En analysant les résultats ci-dessus, une question raisonnable qui mérite d’être posée est la suivante : est-ce que la mise à jour a réellement eu lieu ? Ou encore : est-ce qu’elle a été déployée en France ?

Peut-être n’a-t-on juste pas choisi le bon indicateur pour la mesurer.

Pour cela :

Comptons pour chaque catégorie de mots-clés, le nombre de 1ères pages de Google avec >2 résultats émanant d’un même site.

Comparons ensuite la somme avant et après le déploiement la mise à jour.

Voici les résultats :

 

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  • Cet indicateur semble être beaucoup plus pertinent et on constate que les multi-résultats d’un même site ont vraiment été réduits.
  • On identifie les secteurs d’activité où les multiples affichages sont plus fréquents : services publiques, e-commerce, voyages, droit, location de vacances, recettes de cuisine, actualités et immobilier.
  • Les secteurs qui ont vu le plus fort « nettoyage » sont : recettes de cuisine (-80%), voyages (-62%), entretien et pièces auto (-71%) et globalement toutes les sous-catégories de e-commerce (de -32% à -62%).

 

Mais si les changements sont si importants, pourquoi ne voient-on pas les effets sur les résultats globaux ?

La réponse se trouve dans la part des SERPs de Google contenant >2 liens vers le même site qui s’avère assez marginale.

Avant la mise à jour, environ 7,7% des 1ères pages de Google contenaient plus de 2 liens vers un même site, après la mise à jour ce nombre s’est faire réduire jusqu’à 5,7%.

Même si les évolutions ont l’air significatives, elles n’affectent qu’une partie restreinte des SERPs, en même temps les 94-95% des résultats de recherche restent intacts.

 

 

Est-ce qu’on trouve toujours plus de 2 pages d’un même site dans les résultats de recherche ?

Oui, et c’est d’autant plus fréquent si on parcourt les mots-clés des secteurs du haut de notre liste :

  

  

Conclusion

Sur les résultats que l’on vient de voir, nous n’avons pas de doute que la mise à jour a effectivement été déployée.

Son fonctionnement est cohérent par rapport à ce qui a été annoncé par Google et la mise à jour affecte les sites avec 3 et plus de pages positionnées sur un mot-clé.

Si beaucoup de résultats ont été nettoyés, il semble qu’il ne s’agit pas d’une règle « en dur » du côté de Google et on continue de trouver des cas où le même site occupe 3 et plus de positions en 1ère page.

Est-ce que l’impact de la mise à jour peut être grave ?

Oui et non. Non, parce que la mise à jour cible un segment des requêtes assez restreint. De plus, contrairement à d’autres post-filtres limitant la visibilité (qui s’activent après le travail de l’algorithme principal), celui-ci ne retire pas votre site entier de la première page, mais elle retire juste un ou plusieurs liens additionnels.

Quant à la gravité, tout est question de la masse critique. Si vous faites partie des secteurs d’activité qui étaient plutôt ouverts pour laisser passer 3+ liens vers le même site sur un mot-clé, et si le nombre de ces mots-clés est très important, l’impact peut être élevé.

On va terminer avec une note positive. Ayant réduit la visibilité des top acteurs, la mise à jour pourrait ouvrir une petite porte d’entrée pour plus de sites de plus petite taille. Cela peut-être une opportunité notamment pour les e-commerçants de niche. Vraiment une petite, mais une opportunité 🙂.